Les Accrochages
Les autres accrochages

6 OCTOBRE 2016 - 30 AVRIL 2017

De où venons nous à où allons nous ? Du commencement à la fin, des origines à l’éternité, telle est la trame de l’accrochage From here to eternity.

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Maison Particulière offre ainsi un parcours se déroulant sur ses 3 étages : des origines (from here, de là) en passant par le monde  de l’entre deux (to, vers) au passage ultime (eternity, l’éternité).

La vie est un cycle : du début de l’existence à sa fin, et de sa fin à son début, les deux se rejoignant dans l’infini, avec cette incessante incertitude de l’avant et de l’après.

Angelo Musco, l’artiste invité, aborde inlassablement dans son œuvre ces cycles de l’existence : la naissance – thématique récurrente de son travail – l’origine (symbolisées par les racines, le monde aquatique) et le devenir (les ailes), les métamorphoses de l’être et de la nature (les branches, les arbres), le mystère, les abymes (l’eau encore, et les puits sans fond). Il questionne avant tout l’humain, et utilise ainsi la nudité comme palette à ses émotions.


Pour accompagner Angelo Musco dans son voyage, d’autres œuvres viennent à sa rencontre, dialoguent avec lui et plongent dans cet espace libre, sans commencement ni fin, en apesanteur.

L’existence est éphémère. Elle peut être réduite en cendre et ne laisser que des traces, des souvenirs de son passage, tels les papillons de Claudio Parmiggiani.

L’existence est précaire. Comme la porcelaine elle peut se briser si on n’y prend garde. Souvenons nous, « remember that we… », dit Rachel Kneebone, la vie c’est le vide, le néant, une angoisse.

L’existence est étrange, effrayante, elle donne le vertige comme le montre David Altmejd et son œuvre Le guide (2010): c’est l’éternité qui nous convoque.

L’existence est un entrelacs de connections, de relations, parfois dues au hasard, parfois volontaires, comme des fils, tissés et (é)tirés à l’image de l’œuvre de Chiaru Shiota.

L’existence c’est cette recherche de stabilité dans la fragilité, dans laquelle un moment, un seul élément peut détruire l’ensemble. L’œuvre de Michel François, Pièce détachée (2010), témoigne de cette essentielle fragilité humaine.

L’existence est un éternel recommencement symbolisée, dans l’œuvre de Charles Sandison, par le visage d’un nouveau né qui sans cesse se forme et se déforme, pour se reformer à nouveau.

L’existence enfin c’est se perdre dans l’espace, passer dans un autre monde, dans l’impalpable, entrer dans la lumière, … James Turell invite au voyage dans une installation qui marque la fin du parcours de From here to eternity.


Maison Particulière a souhaité interroger les artistes directement sur la question de l’éternité. Leurs témoignages sont retranscris dans les livres noirs de Maison Particulière. Des mots, en désordre, témoignent de leurs réponses : vertige, vide, légèreté, une autre dimension, les cavernes et les miroirs, le fini et l’infini, l’abîme, l’abandon, la perte … enfin ici et maintenant, peut être est-ce là l’éternité ?

Mais pour aborder une autre éternité, celle des œuvres  qui ont traversé les siècles et sont parvenues jusqu’à nous, sont présentées dans cet accrochage quelques pièces d’antiquité chinoises généreusement prêtées et choisies par Mme Gisèle Croës, témoignant encore de la volonté de Maison Particulière à n’avoir aucune frontière, à multiplier les regards.

Car, comme l’exprime Jean-Baptiste Bernadet, en empruntant les mots de Marcel Proust : « Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l’infini, et qui bien des siècles après qu’est éteint le foyer dont ils émanaient, qu’il s’appelât Rembrandt ou Vermeer, nous envoient leur rayon spécial. »*


L’amour de l’art, c’est le prisme à travers lequel Maison Particulière propose de regarder le monde. L’amour de l’art, c’est la diversité des regards, des styles, des écoles, des époques, des tendances. L’amour de l’art, c’est embrasser tout, regarder tout, à travers « l’acuité de l’émotion, la puissance du songe. »
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Telle est la devise, s’il devait y en avoir une, de Maison Particulière.



* Marcel Proust, À la recherche du temps perdu VII,
Le Temps retrouvé, Gallimard 1927.

** Roger Caillois, Babel, orgueil, confusion et ruine de la littérature, 1948.

 

Les invités

L'artiste

  • Angelo Musco

Le point de vue littéraire


  • Victor Ginsburgh